En cas de poussée d’arthrose, la morphine peut être perçue comme un puissant antidouleur.
Étant entourée de nombreuses idées préconçues, découvrez les mythes et douleurs autour de cet antalgique
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Le Dr. Anne Coutaux, spécialiste en douleur chronique au sein du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph, se penche sur les vérités et les fausses croyances liées à ce traitement.
Une Drogue Puissante : réalité !
La morphine, dérivée de l’opium, agit sur le système nerveux central en mimant l’action des endorphines, les hormones du bonheur, dans le cerveau.
En raison de son influence sur la perception et le comportement, elle est classée comme une drogue. Toutefois, lorsqu’un médecin la prescrit dans un but thérapeutique, elle devient un médicament.
Son utilisation est strictement réglementée, nécessitant une ordonnance sécurisée avec filigrane et numéro de lot, et une prescription limitée à vingt-huit jours.
Un Risque d’Accoutumance : réalité
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L’accoutumance à la morphine peut se manifester de deux façons : une dépendance physique lorsque l’arrêt brutal du traitement provoque une reprise de la douleur et des symptômes de sevrage, et une dépendance psychologique lorsque les effets agréables du médicament sont recherchés.
Toutefois, dans un contexte thérapeutique, le risque d’accoutumance est minime, car la consommation est étroitement surveillée.
Un Usage Réservé aux Cas Graves : mythe
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Bien que la morphine soit souvent associée aux soins palliatifs, elle peut être proposée à toute personne souffrant de douleurs intenses non soulagées par des analgésiques classiques.
En tant qu’antalgique de niveau 3, elle est plus puissante que le paracétamol, l’ibuprofène (niveau 1), la codéine et le tramadol (niveau 2).
Ainsi, elle peut être utilisée pour traiter des douleurs neuropathiques dues au zona, des sciatiques aiguës, ou même après une intervention chirurgicale pour prévenir les souffrances physiques et le stress.
Une Tolérance Difficile à la morphine : mythe
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Les effets secondaires de la morphine, tels que nausées, vomissements, et constipation, sont bien documentés.
Cependant, ils peuvent être atténués par des médicaments appropriés. La tolérance s’améliore généralement après quelques jours, à l’exception de la constipation qui peut persister.
Les médecins veillent à ce que les avantages du médicament l’emportent sur les inconvénients.
Un Inducteur de Somnolence : mythe
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L’objectif du traitement à la morphine n’est pas de provoquer la somnolence pour masquer la douleur, mais de la réduire réellement.
La somnolence est généralement le signe d’un surdosage.
Cependant, certains patients, enfin soulagés, peuvent récupérer leur sommeil perdu en raison de la douleur.
Des Hallucinations Possibles : Vrai
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Les hallucinations surviennent dans un faible pourcentage de cas, principalement chez les personnes âgées, sans explication claire.
Elles sont généralement non terrifiantes, et le patient reste conscient de la situation.
Certains traitements peuvent les atténuer, mais si elles persistent, l’arrêt de la morphine peut être envisagé.
Aucun Effet sur les Autres Analgésiques : mythe
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Au contraire, le non-traitement adéquat d’une douleur peut la faire évoluer vers une douleur chronique. Le choix de l’analgésique doit être dicté par l’intensité de la douleur.
Il est essentiel de traiter rapidement une douleur, même avec de la morphine si nécessaire, pour prévenir la chronicisation.
Facilité de Dosage de cet antidouleur : mythe
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La morphine est disponible sous différentes formes, telles que comprimés ou gélules à libération rapide ou prolongée, ce qui permet une adaptation personnalisée du dosage.
Les médecins effectuent une titration, ajustant la posologie progressivement jusqu’à ce que le patient atteigne la dose nécessaire pour soulager la douleur, un processus pouvant prendre plusieurs jours.
En postopératoire, certains patients peuvent gérer leur dosage via une pompe à morphine, administrant une dose prédéterminée par voie intraveineuse en appuyant sur un bouton-poussoir.
L’Association de la Morphine à la Gestion des Douleurs Liées à l’Arthrose
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L’arthrose est une condition médicale courante qui affecte les articulations, provoquant douleur et raideur.
La morphine, en tant qu’antalgique puissant, peut être un outil utile pour atténuer les douleurs liées à l’arthrose, en particulier lorsque les analgésiques classiques se révèlent inefficaces.
Cependant, il est important de prendre en compte certains aspects spécifiques à l’utilisation de la morphine pour traiter l’arthrose.
Personnalisation du Traitement
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Lorsqu’un patient souffre d’arthrose, le traitement à la morphine doit être adapté à sa situation particulière.
La gravité de l’arthrose, la localisation de l’articulation affectée et la tolérance individuelle à la morphine sont autant de facteurs pris en compte par le médecin.
Une titration minutieuse est souvent nécessaire pour déterminer la dose optimale qui soulagera la douleur tout en minimisant les effets secondaires indésirables.
Gestion des Effets Secondaires
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Comme mentionné précédemment, la morphine peut entraîner des effets secondaires tels que nausées, vomissements, et constipation.
Ces effets peuvent être particulièrement gênants pour les personnes atteintes d’arthrose, car elles peuvent déjà éprouver des inconforts gastro-intestinaux liés à leur condition. Il est essentiel que les patients discutent ouvertement de ces effets avec leur médecin afin de mettre en place des stratégies de gestion appropriées.
Prévention de l’Accoutumance
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L’accoutumance à la morphine est un aspect préoccupant pour tout patient, y compris ceux atteints d’arthrose.
Les médecins travaillent en étroite collaboration avec leurs patients pour minimiser le risque d’accoutumance.
Cela implique généralement une surveillance attentive de l’utilisation de la morphine, une titration soignée de la dose, et des discussions sur la durée prévue du traitement.
Complément à d’Autres Approches à la morphine
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Il est important de noter que la morphine ne doit pas être utilisée en isolation pour traiter l’arthrose.
Elle peut être intégrée à un plan de gestion de la douleur plus large, qui peut inclure des approches non pharmacologiques telles que la physiothérapie, l’exercice, la perte de poids (si nécessaire), et des médicaments complémentaires.
Elle peut être intégrée à un plan de gestion de la douleur plus large, qui peut inclure des approches non pharmacologiques telles que la physiothérapie, l’exercice, la perte de poids (si nécessaire), et des médicaments complémentaires.
Le but ultime est de fournir une approche globale et personnalisée pour soulager la douleur et améliorer la qualité de vie des patients atteints d’arthrose.
Résumé sur la morphine : Mythe et Réalité
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La morphine peut être un outil précieux dans la gestion de la douleur associée à l’arthrose, mais son utilisation doit être soigneusement évaluée et surveillée par un professionnel de la santé.
La personnalisation du traitement, la gestion des effets secondaires, la prévention de l’accoutumance et l’intégration dans un plan de gestion de la douleur global sont des éléments essentiels pour garantir que la morphine offre un soulagement efficace tout en minimisant les risques potentiels.
Les patients atteints d’arthrose devraient toujours discuter de leurs options de traitement avec leur médecin pour prendre des décisions éclairées concernant leur prise en charge de la douleur.